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En Juin 2026 le LISA accueille le Dr Masanori Saito, expert international en optique et télédétection

Du 15 juin au 3 juillet 2026, le Dr Masanori Saito, maître de conférences en sciences de l'atmosphère à l'Université du Wyoming (États-Unis), a été accueilli au LISA dans le cadre d'une invitation de l'Université Paris-Est Créteil (UPEC).

 


Spécialiste reconnu de la physique atmosphérique et du climat, le Dr Saito est une référence internationale dans les domaines du transfert radiatif, de la télédétection des nuages et des aérosols, et de l'étude des propriétés optiques des particules atmosphériques non sphériques. Il est notamment à l'origine de TAMUdust2020 (https://github.com/masasaito/TAMUdust2020), une base de données ouverte de référence sur les propriétés optiques des poussières désertiques, largement utilisée par la communauté scientifique.

 


Au cours de son séjour, le Dr Saito a collaboré avec les chercheurs du LISA afin d'améliorer la représentation des propriétés optiques des aérosols désertiques, en particulier la prise en compte de leur morphologie dans l'évaluation de leur indice de réfraction complexe. Ces travaux contribueront à renforcer la précision des algorithmes de télédétection satellitaire et à améliorer le réalisme des modèles climatiques.

 

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Masanori Saito et Juan Cuesta pendant les masterclasses à destination des étudiants de l'Académie Spatiale d'Île-de-France realisées lorsque de son séjour scientifique au LISA.

 

 

Le Dr Saito a également animé une série de masterclasses sur la télédétection atmosphérique à destination des étudiants de l'Académie Spatiale d'Île-de-France. Ces enseignements ont proposé une vue d'ensemble des principes de la télédétection, des systèmes d'observation actuels et des enjeux des futures missions spatiales, appliqués à la météorologie et à l'étude de la composition de l'atmosphère.

 


Enfin, le 2 juillet, il a présenté un séminaire ouvert à l'ensemble du laboratoire, intitulé « Mineral Dust Optics and Remote Sensing ». Cette présentation, suivie d'une session de questions-réponses particulièrement riche, a suscité de nombreux échanges scientifiques autour des propriétés optiques des poussières minérales et de leur observation par satellite.

 


Un grand merci au Dr Masanori Saito pour le partage de son expertise et la qualité de ces échanges scientifiques !

 

 

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 (A Gauche) Masanori Saito présente son séminaire le 2 Juillet 2026 lorsque de son séjour scientifique au LISA invité par l’Université Paris Est Creteil. (A Droite) Paola Formenti, Masanori Saito et Claudia Di Biagio au LISA pendant le séjour du Dr. Saito.

   

 

 

 

La glace du Mont Blanc révèle un lien intime entre dépôt de poussière Saharienne en Europe et climat depuis 8000 ans

L’aérosol atmosphérique est un acteur clé du climat à l’échelle régionale qui reste cependant mal connu. La glace archive simultanément le climat passé, la charge et la composition en aérosols. Située à près de 1500 km du plus grand désert du monde, la glace des Alpes devrait donc permettre d’examiner le lien entre dépôt de poussière Saharienne sur l’Europe de l’Ouest et climat passé, un lien qui reste à établir. 

 


Nous avons examiné la composition chimique de l’aérosol terrigène présent dans une carotte de glace extraite au sommet du Dôme du Goûter dans le massif du Mont Blanc et ayant archivé l’évolution de l’aérosol en Europe depuis ~12 000 ans (Legrand et al., 2025). Ces mesures qui concernent les poussières insolubles dans l’eau, le calcium, le strontium, l’aluminium, ainsi que l’alcalinité de la glace démontrent le rôle majeur des apports sahariens sur le dépôt d’aérosols terrigènes en Europe occidentale. La continuité dans le temps des apports Sahariens est notamment mise en évidence par la présence importante de calcium sous forme de calcite et une excellente corrélation entre calcium et strontium quelle que soit la période de temps. 

 


Dans la glace du Mont Blanc le début de l’Holocène (entre il y a 4000 et 8000 ans) se caractérise par des apports sahariens faibles suivi d’une nette augmentation liée à l’aridification du Sahara marquant la disparition du « Sahara vert » il y a environ 3600 ans, phénomène lié à la migration de la mousson vers le sud en réponse à la baisse d’insolation de la seconde partie de l’Holocène. Les signaux climatiques de la glace déposée durant les deux derniers millénaires, mieux documentés en termes d’aridité en Afrique et de températures en Europe, révèle clairement les périodes climatiques clés: période chaude romaine (entre 1700 et 2100 ans), période froide de la fin de l’Antiquité, puis l’Anomalie Climatique Médiévale, (entre il y a 750 et 1200 ans), le Petit Age Glaciaire, et la période contemporaine. Nous observons ici une augmentation des dépôts sahariens en périodes chaudes associée à une aridité accrue au Sahara liée à une NAO positive forcée par l’augmentation de l’insolation et/ou une diminution de l’activité volcanique. Ce lien entre apports sahariens sur l’Europe et climat pourrait constituer dans le futur un important feedback positif par accélération de la disparition des glaciers Alpins suite à une baisse de l’albédo (neiges colorées).

 

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Sommet du Dôme du Goûter (4305 m) à droite du Mont Blanc vu de la vallée de Chamonix.

 

 

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Figure 1. Evolution du calcium (a), du strontium (b), des poussières insolubles (dust) (c), de l’aluminium (d), et du d18O (e) dans la glace du Dôme du Goûter déposée au cours des deux derniers millénaires et températures estivales en Europe reconstruites à partir d’archives indépendantes comme les anneaux d’arbres (f). Les bandes verticales bleues indiquent les deux stades froids de cette période, à savoir le petit âge glaciaire (LIA) et la période froide de la fin de l’antiquité (LALIA).

 

 

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Figure 2 : Enregistrement de calcium (a), strontium (b), poussières insolubles (dust) (c), et aluminium (d) dans la glace du Dôme du Goûter déposée depuis 7750 ans. La bande jaune indique la période d’aridification du Sahara mettant fin au Sahara vert (bande verte). 

 

 

Ces recherches ont été soutenues par l’INSU-CNRS et l’ADEME (programme LEFE-CHAT « ESCARGO ») et les programmes européens ALPCLIM et CARBOSOL.

 

Pour en savoir plus: 

Legrand, M., McConnell, J. R., Dulac, F., Dayan, U., Preunkert, S., Chellman, N., Desboeufs, K., Wensman, S., & Bergametti, G. (2026). An 8,000 years Alpine ice‐core record of climate and dust: The role of Saharan dust. Geophysical Research Letters, 53, e2026GL123787. https://doi.org/10.1029/2026GL123787

 

L'odyssée spatiale d'IR-Coaster : un an en orbite pour un laboratoire d’astrochimie

Après plus d’un an d’exposition aux conditions extrêmes de l’espace, l’instrument IR-Coaster a été récupéré avec succès le 27 février 2026, pour faire son retour dans son laboratoire d’origine. Ce dispositif s’apprête à livrer des résultats inédits sur l’évolution de la matière organique en environnement extraterrestre. IR-Coaster a été conçu et entièrement développé au LISA avec le soutien technique et financier du Centre national d’études spatiales (CNES).

 

 

Une mission orbitale réussie 


Le 27 février 2026 le vaisseau cargo Dragon CRS-33 de SpaceX a amerri dans l’océan Pacifique, au large de San Diego (Californie), ramenant à son bord l’expérience IR-Coaster (InfraRed-Cubic Orbital Astrobiology Exposure Research), un laboratoire d’astrochimie miniaturisé. 
L’instrument avait été lancé vers la Station spatiale internationale le 5 novembre 2024, avant d’être installé sur la plateforme externe Bartolomeo du module européen Columbus. Il a été exposé au vide spatial et aux rayonnements ultraviolets solaires non filtrés pendant près d’un an, du 16 décembre 2024 au 28 décembre 2025. 


IR-Coaster marque une rupture technologique importante. Jusqu’à présent, les échantillons organiques exposés à l’extérieur de la Station spatiale internationale ne pouvaient être analysés qu’avant leur départ et après leur retour sur Terre. Pour la première fois, un spectromètre infrarouge embarqué a permis de réaliser des analyses directement en orbite, offrant un suivi régulier et in situ de l’évolution chimique des échantillons. 


Cette capacité inédite a permis d’étudier des molécules essentielles pour l’astrochimie et l’exobiologie :

● la glycine, acide aminé constitutif des protéines 
● l’uracile et la guanine, bases nucléiques présentes dans l’ARN et l’ADN 
● l’acide mellitique, indicateur de l’évolution chimique sur Mars.

 

« Avec IR-Coaster, nous avons réalisé une première mondiale : suivre en direct, dans l’espace, l’évolution de molécules essentielles au vivant par spectroscopie infrarouge. L’analyse des données rapportées sur Terre va désormais nous permettre de franchir une étape dans la compréhension du devenir de ces briques du vivant dans l’environnement spatial, et de leur rôle possible dans l’émergence de la vie. » indique Hervé Cottin, responsable scientifique du projet IR-COASTER et professeur des universités en chimie et astronomie à l’UPEC et au LISA. 

 


Un instrument intégralement conçu dans un laboratoire de recherche : le LISA 


L’instrument IR-Coaster constitue une étape majeure pour le LISA a été conçu, développé et assemblé intégralement au sein du laboratoire par le département technique, sous la direction de Noël Grand, ingénieur de recherche CNRS et chef de projet, avec le support des équipes techniques du CNES. La coordination scientifique a été assurée par Hervé Cottin (UPEC) et Fabien Stalport (Université Paris Cité), qui effectuent tous deux leurs recherches au LISA. Les études préparatoires ainsi que l’exploitation des données d’IR-Coaster au LISA ont été et sont soutenues par le CNES.

Avec une masse d’environ 10 kg et des dimensions compactes (15 × 30 × 40 cm), IR-Coaster a démontré sa robustesse et sa capacité à répondre aux exigences strictes de sécurité de l’ISS, tout en résistant aux conditions extrêmes de l’environnement spatial.

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Boitier d’IR-Coaster avec son carrousel fermé (crédits : LISA/CNES)

 

 

Prochaines étapes : l’exploitation des données 

 

Lors de son arrivée sur le sol français, l’instrument a transité par le CNES afin de caractériser ses évolutions d’aspect et de réaliser les premiers tests de bon fonctionnement. Il est ensuite revenu au LISA à peine deux semaines après l’amerrissage.

 

L’équipe technique du LISA peut désormais extraire des cartes mémoire les données de vol, notamment l’enregistrement des spectres infrarouges de suivi des échantillons. Une phase approfondie d’analyse et de traitement de ces données est désormais engagée, mobilisant les équipes scientifiques pour interpréter les signaux collectés en orbite, en particulier Juliette Pastore, doctorante de 3ème année au LISA, qui effectue sa thèse sur le sujet. Ces données, couplées à de nouvelles analyses en laboratoire, permettront aux scientifiques de modéliser, avec une précision inédite, la stabilité des briques du vivant dans l’espace.

 

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Pascal, ingénieur au LISA ouvre le boitier d’IR-Coaster (crédits : LISA/CNES)

 

 

 

Une ouverture vers la création artistique : le projet Oscar 


IR-Coaster a également embarqué le projet artistique Oscar, conçu par l’artiste plasticien Stéphane Thidet et produit par l’Observatoire de l’Espace du CNES dans le cadre de son programme de soutien à la création contemporaine. 


Cette œuvre musicale repose sur l’exploitation des fluctuations de température enregistrées en vol lors de l’exposition au Soleil. Leur transformation en matière sonore, ainsi que la spatialisation de l’œuvre, ont été développées par le LISA selon les intentions de l’artiste, illustrant une belle collaboration entre recherche scientifique et création artistique. 

 

 

Participants au projet IR-Coaster :


Hervé Cottin, Fabien Stalport, Noël Grand, Juliette Pastore, Rachel Gonthier, Nathalie Carrasco, Léo Balzano, Anaïs Feron, Maxime Feingesicht, Cécile Gaimoz, Sarah Gomes, Mathieu Gourichon, Kristian Harge, Florian Huet, Xavier Landsheere, Inès Louison, Noel Mombazet, Florent Mignon, Sylvain Triquet, Lisa Viallon, Pascal Zapf, Isabelle Savin De Larclause, Didier Chaput, Christian Mustin, Michel Viso

 

En savoir plus :
Vidéo d’illustration  
Lancement d’IR-Coaster

 

 

Isabelle Kleiner récompensée du prix Chercheuse confirmée de la Division Chimie Physique

Isabelle Kleiner récompensée du prix Chercheuse confirmée de la Division Chimie Physique (DCP) de la Société Chimique de France (SCF) et de la Société Française de Physique (SFP)

 

 

Isabelle Kleiner est Directrice de recherche au CNRS au laboratoire Interuniversitaire des Systèmes Atmosphériques (LISA), rattaché au CNRS, à l’Université Paris-Est Créteil et à l’Université Paris Cité. Ses travaux portent sur la spectroscopie en phase gazeuse de molécules présentant un mouvement de grande amplitude, choisies tant pour leur intérêt en chimie physique fondamentale que pour leurs applications astrophysiques, atmosphériques et biologiques.  En particulier, elle a contribué au développement de modèles de chimie quantique pour le calcul des spectres moléculaires, qui sont ensuite traduits en codes informatiques. Ce travail permet de décrire les spectres en phase gazeuse des molécules flexibles présentant des mouvements de grande amplitude tels que la rotation interne des groupes méthyle et l’inversion et conduit à des prédictions exactes des spectres dans les domaines micro-ondes et infrarouges.  

 


L’ensemble de ses logiciels est utilisé dans de nombreux laboratoires afin de modéliser la dynamique de rotation interne des groupes méthyle et pour interpréter les données expérimentales micro-ondes, millimétriques, térahertz ou infrarouges enregistrées à haute résolution.   Ses recherches, menées dans le cadre de diverses collaborations nationales, européennes et internationales, ont permis la détection de plusieurs molécules dans le milieu interstellaire et ont abouti à de nombreuses publications dans le domaine de la spectroscopie moléculaire à haute résolution.

 

ACTU IK bandeau

 

Plus d'infos:

Prix et Lauréats - Société Chimique de France (SCF)

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