Workshop du Service National d’Observation INDAAF en Tunisie

Workshop du Service National d’Observation INDAAF en Tunisie
12 au 16 octobre 2026
Le Workshop du Service National d’Observation (SNO) INDAAF (International Network to study Deposition and Atmospheric chemistry in AFrica) co-organisé par le LAERO (Toulouse, France), le LISA (Créteil, France), iEES-Paris (Paris, France) et l’IRA Médenine (Tunisie) se tiendra du 12 au 16 octobre 2026 à l’Institut des Régions Arides de Médenine. Grâce au soutien de l’OMP, de l’OSU EFLUVE, du LAERO, du LISA, de l’UPEC, de l’IRD et d’ACTRIS-FR, il rassemblera une soixantaine de personnels scientifiques et techniques français et de 7 pays africains (Bénin, Cameroun, Côte d’Ivoire, Congo, Niger, Mali, Sénégal, Tunisie) impliqués dans le SNO. Le workshop sera composé de trois journées d’atelier technique et de trois demi-journées de présentations scientifiques.
Enfin, ce workshop s’intègre dans l’agenda des célébrations des 50 ans de l’IRA Médenine, partenaire du SNO INDAAF depuis plus de 10 ans.

En Juin 2026 le LISA accueille le Dr Masanori Saito, expert international en optique et télédétection
Du 15 juin au 3 juillet 2026, le Dr Masanori Saito, maître de conférences en sciences de l'atmosphère à l'Université du Wyoming (États-Unis), a été accueilli au LISA dans le cadre d'une invitation de l'Université Paris-Est Créteil (UPEC).
Spécialiste reconnu de la physique atmosphérique et du climat, le Dr Saito est une référence internationale dans les domaines du transfert radiatif, de la télédétection des nuages et des aérosols, et de l'étude des propriétés optiques des particules atmosphériques non sphériques. Il est notamment à l'origine de TAMUdust2020 (https://github.com/masasaito/TAMUdust2020), une base de données ouverte de référence sur les propriétés optiques des poussières désertiques, largement utilisée par la communauté scientifique.
Au cours de son séjour, le Dr Saito a collaboré avec les chercheurs du LISA afin d'améliorer la représentation des propriétés optiques des aérosols désertiques, en particulier la prise en compte de leur morphologie dans l'évaluation de leur indice de réfraction complexe. Ces travaux contribueront à renforcer la précision des algorithmes de télédétection satellitaire et à améliorer le réalisme des modèles climatiques.

Masanori Saito et Juan Cuesta pendant les masterclasses à destination des étudiants de l'Académie Spatiale d'Île-de-France realisées lorsque de son séjour scientifique au LISA.
Le Dr Saito a également animé une série de masterclasses sur la télédétection atmosphérique à destination des étudiants de l'Académie Spatiale d'Île-de-France. Ces enseignements ont proposé une vue d'ensemble des principes de la télédétection, des systèmes d'observation actuels et des enjeux des futures missions spatiales, appliqués à la météorologie et à l'étude de la composition de l'atmosphère.
Enfin, le 2 juillet, il a présenté un séminaire ouvert à l'ensemble du laboratoire, intitulé « Mineral Dust Optics and Remote Sensing ». Cette présentation, suivie d'une session de questions-réponses particulièrement riche, a suscité de nombreux échanges scientifiques autour des propriétés optiques des poussières minérales et de leur observation par satellite.
Un grand merci au Dr Masanori Saito pour le partage de son expertise et la qualité de ces échanges scientifiques !
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(A Gauche) Masanori Saito présente son séminaire le 2 Juillet 2026 lorsque de son séjour scientifique au LISA invité par l’Université Paris Est Creteil. (A Droite) Paola Formenti, Masanori Saito et Claudia Di Biagio au LISA pendant le séjour du Dr. Saito.
La glace du Mont Blanc révèle un lien intime entre dépôt de poussière Saharienne en Europe et climat depuis 8000 ans
L’aérosol atmosphérique est un acteur clé du climat à l’échelle régionale qui reste cependant mal connu. La glace archive simultanément le climat passé, la charge et la composition en aérosols. Située à près de 1500 km du plus grand désert du monde, la glace des Alpes devrait donc permettre d’examiner le lien entre dépôt de poussière Saharienne sur l’Europe de l’Ouest et climat passé, un lien qui reste à établir.
Nous avons examiné la composition chimique de l’aérosol terrigène présent dans une carotte de glace extraite au sommet du Dôme du Goûter dans le massif du Mont Blanc et ayant archivé l’évolution de l’aérosol en Europe depuis ~12 000 ans (Legrand et al., 2025). Ces mesures qui concernent les poussières insolubles dans l’eau, le calcium, le strontium, l’aluminium, ainsi que l’alcalinité de la glace démontrent le rôle majeur des apports sahariens sur le dépôt d’aérosols terrigènes en Europe occidentale. La continuité dans le temps des apports Sahariens est notamment mise en évidence par la présence importante de calcium sous forme de calcite et une excellente corrélation entre calcium et strontium quelle que soit la période de temps.
Dans la glace du Mont Blanc le début de l’Holocène (entre il y a 4000 et 8000 ans) se caractérise par des apports sahariens faibles suivi d’une nette augmentation liée à l’aridification du Sahara marquant la disparition du « Sahara vert » il y a environ 3600 ans, phénomène lié à la migration de la mousson vers le sud en réponse à la baisse d’insolation de la seconde partie de l’Holocène. Les signaux climatiques de la glace déposée durant les deux derniers millénaires, mieux documentés en termes d’aridité en Afrique et de températures en Europe, révèle clairement les périodes climatiques clés: période chaude romaine (entre 1700 et 2100 ans), période froide de la fin de l’Antiquité, puis l’Anomalie Climatique Médiévale, (entre il y a 750 et 1200 ans), le Petit Age Glaciaire, et la période contemporaine. Nous observons ici une augmentation des dépôts sahariens en périodes chaudes associée à une aridité accrue au Sahara liée à une NAO positive forcée par l’augmentation de l’insolation et/ou une diminution de l’activité volcanique. Ce lien entre apports sahariens sur l’Europe et climat pourrait constituer dans le futur un important feedback positif par accélération de la disparition des glaciers Alpins suite à une baisse de l’albédo (neiges colorées).

Sommet du Dôme du Goûter (4305 m) à droite du Mont Blanc vu de la vallée de Chamonix.

Figure 1. Evolution du calcium (a), du strontium (b), des poussières insolubles (dust) (c), de l’aluminium (d), et du d18O (e) dans la glace du Dôme du Goûter déposée au cours des deux derniers millénaires et températures estivales en Europe reconstruites à partir d’archives indépendantes comme les anneaux d’arbres (f). Les bandes verticales bleues indiquent les deux stades froids de cette période, à savoir le petit âge glaciaire (LIA) et la période froide de la fin de l’antiquité (LALIA).

Figure 2 : Enregistrement de calcium (a), strontium (b), poussières insolubles (dust) (c), et aluminium (d) dans la glace du Dôme du Goûter déposée depuis 7750 ans. La bande jaune indique la période d’aridification du Sahara mettant fin au Sahara vert (bande verte).
Ces recherches ont été soutenues par l’INSU-CNRS et l’ADEME (programme LEFE-CHAT « ESCARGO ») et les programmes européens ALPCLIM et CARBOSOL.
Pour en savoir plus:
Legrand, M., McConnell, J. R., Dulac, F., Dayan, U., Preunkert, S., Chellman, N., Desboeufs, K., Wensman, S., & Bergametti, G. (2026). An 8,000 years Alpine ice‐core record of climate and dust: The role of Saharan dust. Geophysical Research Letters, 53, e2026GL123787. https://doi.org/10.1029/2026GL123787
Isabelle Kleiner récompensée du prix Chercheuse confirmée de la Division Chimie Physique
Isabelle Kleiner récompensée du prix Chercheuse confirmée de la Division Chimie Physique (DCP) de la Société Chimique de France (SCF) et de la Société Française de Physique (SFP)
Isabelle Kleiner est Directrice de recherche au CNRS au laboratoire Interuniversitaire des Systèmes Atmosphériques (LISA), rattaché au CNRS, à l’Université Paris-Est Créteil et à l’Université Paris Cité. Ses travaux portent sur la spectroscopie en phase gazeuse de molécules présentant un mouvement de grande amplitude, choisies tant pour leur intérêt en chimie physique fondamentale que pour leurs applications astrophysiques, atmosphériques et biologiques. En particulier, elle a contribué au développement de modèles de chimie quantique pour le calcul des spectres moléculaires, qui sont ensuite traduits en codes informatiques. Ce travail permet de décrire les spectres en phase gazeuse des molécules flexibles présentant des mouvements de grande amplitude tels que la rotation interne des groupes méthyle et l’inversion et conduit à des prédictions exactes des spectres dans les domaines micro-ondes et infrarouges.
L’ensemble de ses logiciels est utilisé dans de nombreux laboratoires afin de modéliser la dynamique de rotation interne des groupes méthyle et pour interpréter les données expérimentales micro-ondes, millimétriques, térahertz ou infrarouges enregistrées à haute résolution. Ses recherches, menées dans le cadre de diverses collaborations nationales, européennes et internationales, ont permis la détection de plusieurs molécules dans le milieu interstellaire et ont abouti à de nombreuses publications dans le domaine de la spectroscopie moléculaire à haute résolution.

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